Lire votre courbe d'humeur
Dernière mise à jour : août 2026
Une courbe d'humeur, ce sont vos notes quotidiennes reportées dans le temps. Le premier coup d'œil est presque toujours trompeur : l'œil va droit au point le plus bas, se dit « voilà la mauvaise journée », et s'arrête là. Bien lue, elle répond à de meilleures questions : où mon humeur se situe-t-elle habituellement, de combien varie-t-elle, suit-elle un calendrier, et qu'est-ce qui l'accompagne ?
Ce guide déroule les quatre lectures — niveau de base, amplitude, cycles, facteurs — avec un exemple détaillé. Vous ne notez pas encore ? Commencez par comment suivre son humeur et revenez dans deux semaines.
Avant de lire : combien de données faut-il ?
Une courbe de cinq jours, c'est une humeur, pas une tendance. En gros :
- 1–2 semaines : votre niveau de base et votre degré de variation — rien sur les causes.
- 3–6 semaines : les rythmes hebdomadaires, et les facteurs isolés puissants — le sommeil arrive généralement en premier.
- 2–3 mois : les cycles mensuels et hormonaux, et les dérives lentes.
- 6–12 mois : la forme saisonnière, et une réponse honnête à « est-ce que je vais mieux que l'an dernier ? »
Les trous ne posent pas de problème — une semaine vide est honnête. Une semaine reconstituée de mémoire réécrit la courbe dans le sens de l'histoire que vous croyez déjà.
1. Trouvez votre niveau de base
Votre niveau de base, c'est là où se situe votre humeur un jour ordinaire — la bande vers laquelle la courbe revient sans cesse. Sur une échelle en 5 points, la plupart des gens vivent entre 3 et 4.
C'est le chiffre le plus utile ici : un 3 ne signifie pas la même chose pour quelqu'un qui vit à 4 que pour quelqu'un qui vit à 2, et il bouge lentement, donc une dérive veut dire davantage qu'un mauvais mardi. Un niveau de base qui glisse de 4 à 3 en deux mois pèse plus lourd que n'importe quel point bas isolé — c'est le changement invisible de l'intérieur.
Masquez les extrêmes avec le pouce, regardez où se concentre l'essentiel de la courbe, et comparez ce mois-ci au précédent.
2. Jugez l'amplitude
L'amplitude, c'est la distance que parcourt votre humeur autour de ce niveau de base. Deux personnes partagent un niveau de base de 3,5 : l'une oscille entre 3 et 4, l'autre rebondit entre 1 et 5. Trois questions :
- Quelle est l'ampleur d'une semaine typique ? Un point, c'est ordinaire ; trois ou quatre, de façon répétée, mérite attention.
- À quelle vitesse se font les transitions ? Une pente lente sur deux semaines et une chute de 5 à 1 dans la même journée sont deux phénomènes différents.
- Combien de temps dure un point bas ? Une baisse d'une journée n'a rien à voir avec deux semaines au fond.
Si les oscillations sont l'essentiel de l'histoire, le guide des sautes d'humeur traite de leurs causes et du moment où consulter un professionnel.
3. Cherchez les cycles
Les cycles transforment « parfois ça va mal, au hasard » en quelque chose que vous pouvez anticiper. Quatre à vérifier :
- Quotidien. Demande plus d'une entrée par jour — des matinées plus lourdes, ou une baisse en fin de soirée.
- Hebdomadaire. L'observation la plus fréquente : les dimanches soir, un creux du mercredi, un vrai regain le vendredi.
- Mensuel. Les cycles hormonaux comptent parmi les tendances les plus nettes dans les données d'humeur ; laissez-leur deux ou trois mois.
- Saisonnier. Lent, et facile à mettre sur le compte de ce qui se passait par ailleurs — voir les variations saisonnières de l'humeur.
Des cycles apparaissent dans tout relevé long, réels ou non — faites confiance à celui qui se répète trois fois avec un mécanisme plausible.
4. Les facteurs : un exemple détaillé
C'est ici que la courbe cesse de décrire et commence à expliquer — et qu'il devient facile de se leurrer. Deux semaines d'entrées :
| Jour | Humeur (1–5) | Sommeil | Note |
|---|---|---|---|
| Lun | 3 | 6 h | Début chargé |
| Mar | 2 | 5 h | Couché tard la veille |
| Mer | 2 | 5 h 30 | Terne, sans raison |
| Jeu | 4 | 8 h | Grasse matinée |
| Ven | 4 | 7 h 30 | Marche, vu des amis |
| Sam | 5 | 9 h | — |
| Dim | 3 | 8 h | Appréhension de la semaine |
| Lun | 2 | 6 h | Échéance |
| Mar | 2 | 5 h | Échéance, pas de marche |
| Mer | 3 | 7 h | Échéance terminée |
| Jeu | 4 | 8 h | Salle de sport |
| Ven | 4 | 7 h | — |
| Sam | 4 | 8 h 30 | Journée calme |
| Dim | 3 | 8 h | À nouveau l'effet du dimanche |
Ce que cela appuie : un niveau de base autour de 3, une amplitude de 2 à 5, une baisse répétée le dimanche, et un lien fort entre les nuits de moins de six heures et une humeur à 2.
Ce que cela ne prouve pas : que le manque de sommeil a causé l'humeur basse. Les deux semaines comportaient des échéances, qui raccourcissent le sommeil et ternissent l'humeur indépendamment ; une humeur basse perturbe aussi le sommeil, donc la flèche peut aller dans l'autre sens. Et la baisse du dimanche n'est pas liée au sommeil — le sommeil du dimanche était bon les deux semaines.
Pour faire confiance à une corrélation : comptez les exceptions (un facteur qui tient une fois sur deux est une coïncidence bien vendue), vérifiez le décalage (le sommeil et l'alcool se paient le lendemain), cherchez une troisième cause commune — échéances, maladie, voyages — et testez un changement à la fois.
Courbe papier ou application : comparaison honnête
Le papier millimétré fonctionne, et un tableur peut trier par jour de la semaine. Ce que les deux coûtent, c'est la persévérance — personne ne retrie un tableur par facteur tous les mois. Ce que l'application apporte en échange :
- Des graphiques tracés au fil de vos entrées, sur n'importe quelle période — la tendance est toujours à jour.
- L'humeur ventilée par facteur — les comparaisons ci-dessus, sans calcul.
- Chaque point relié à sa note ou à sa photo — une baisse est à un appui de son explication.
- Synchronisation avec Apple Santé — le sommeil arrive tout seul.
- Export en PDF, XLSX, CSV ou JSON — pour les rendez-vous ou votre propre analyse.
- Analyses IA sur votre propre historique, gratuites avec des options premium — une seconde lecture, pas un conseil.
Quel que soit ce qui trace la courbe, l'interprétation reste la vôtre — c'est un outil de suivi personnel, pas un outil de diagnostic. Si quelque chose vous inquiète, apportez la courbe à un médecin ou à un thérapeute — c'est bien plus concret que la mémoire.
Questions fréquentes
Combien de semaines de données faut-il pour que la courbe soit utile ?
Trois à quatre semaines pour les rythmes hebdomadaires et les facteurs isolés puissants comme le sommeil ; deux à trois mois pour les cycles mensuels ; presque une année pour la forme saisonnière. Une ou deux semaines montrent déjà votre niveau de base et votre degré de variation — c'est déjà précieux.
Ma courbe semble complètement aléatoire. Est-ce que je m'y prends mal ?
Probablement pas. Certaines courbes sont réellement bruitées, et un nuage de points plat dit quand même quelque chose de vrai : aucun facteur isolé ne domine votre humeur. Triez les entrées par jour de la semaine, et vérifiez les effets du lendemain plutôt que ceux du jour même — les tendances décalées se cachent en pleine vue. Toujours aléatoire au bout de deux mois ? C'est une réponse aussi.
Un point bas sur ma courbe signifie-t-il que quelque chose ne va pas ?
Non. La courbe de tout le monde comporte des points bas, et une mauvaise journée n'est pas un diagnostic. Ce qui mérite attention, c'est la durée et la direction : une humeur basse qui persiste la majeure partie de la journée pendant plus de deux semaines, ou un niveau de base qui dérive vers le bas pendant des mois. Cela vaut la peine d'en parler à un médecin ou à un thérapeute — apportez la courbe.
Faut-il faire la moyenne de mes notes d'humeur ?
Une moyenne mensuelle résume correctement le niveau de base, mais faire une moyenne fait disparaître l'amplitude — souvent la moitié la plus intéressante de l'histoire. Regardez la moyenne et la dispersion ensemble, comme l'explique le guide des sautes d'humeur.
Puis-je montrer ma courbe d'humeur à un thérapeute ?
Oui, et la plupart l'accueilleront volontiers. Une courbe datée avec des étiquettes de facteurs transforme un résumé vague en matière de travail précise. Exportez un PDF pour une version propre, ou un CSV/XLSX pour les chiffres bruts.