Mesure ambulatoire de la tension artérielle sur 24 heures (MAPA)

Dernière mise à jour : août 2026

Si votre médecin vous a renvoyé à la maison avec un brassard et un petit boîtier à la ceinture, on vient de vous confier l'examen de tension artérielle le plus instructif qui soit. La mesure ambulatoire vous mesure automatiquement pendant une journée et une nuit complètes — pendant que vous travaillez, discutez, vous déplacez et dormez — et donne un portrait qu'aucune visite en clinique et aucune routine à domicile ne peuvent égaler.

C'est aussi, honnêtement, 24 heures un peu agaçantes. Voici à quoi vous attendre, pourquoi ça en vaut la peine, et comment lire le rapport qu'on vous remettra.

Pourquoi les médecins la prescrivent

Une mesure en clinique, c'est un seul moment dans un contexte inhabituel. Les mesures à domicile valent mieux, mais elles ne couvrent que les moments où vous choisissez de mesurer, c'est-à-dire, par définition, des moments où vous êtes éveillé, assis tranquille et en train de penser à votre tension artérielle. La MAPA couvre tout le reste.

Les questions précises auxquelles elle répond :

  • Est-ce de l'hypertension du sarrau blanc ? Élevée à la clinique, normale partout ailleurs. C'est fréquent, et la traiter comme une vraie hypertension revient à médicamenter quelqu'un qui n'en a pas besoin. Voir Hypertension du sarrau blanc.
  • Est-ce de l'hypertension masquée ? Le cas inverse, et plus dangereux : normale à la clinique, élevée dans la vie de tous les jours. Elle est invisible à toutes les visites en clinique que vous ferez.
  • Que se passe-t-il la nuit ? La seule chose qu'aucune autre méthode ne capte bien, et l'un des plus forts indicateurs de risque de tout le domaine.
  • Le traitement agit-il 24 heures sur 24 ? Un médicament qui maîtrise l'après-midi mais s'épuise avant l'aube a l'air parfait sur une mesure prise en clinique le matin.
  • D'où viennent les symptômes ? Étourdissements, chutes ou malaises peuvent venir d'une tension qui descend trop bas à certains moments, ce qu'une mesure ponctuelle attrape rarement.

À quoi ressemblent vraiment ces 24 heures

Une infirmière ou un technicien vous pose un brassard au bras — habituellement le bras non dominant — relié par un tube à un enregistreur de la taille d'un petit téléphone, porté à la ceinture ou en bandoulière. Ensuite, vous vaquez à votre journée normale.

  • Il se gonfle à intervalles réguliers, en général toutes les 15–30 minutes le jour et toutes les 30–60 minutes la nuit. Vous ne pouvez pas prévoir chaque prise, même si la plupart des appareils donnent un bref avertissement.
  • Immobilisez-vous quand ça commence. Si vous bougez, la mesure échoue et l'appareil réessaie habituellement une minute plus tard. Arrêtez de marcher, laissez votre bras pendre détendu et droit le long du corps, et restez tranquille jusqu'à ce que le brassard se dégonfle.
  • Vous tenez un journal. L'heure du coucher, celle du lever, les prises de médicaments, et tout ce qui sort de l'ordinaire : exercice, stress, symptômes. Le rapport est beaucoup plus difficile à interpréter sans ça, alors cette partie compte vraiment.
  • Vous dormez avec. La plupart des gens dorment moins bien que d'habitude. C'est attendu et pris en compte ; ne sautez pas la nuit pour autant.
  • Pas de douche ni de bain : l'appareil ne doit pas être mouillé. Portez un haut ample à manches courtes, ou un vêtement dont les manches sont assez larges pour laisser passer le tube.
  • Votre bras peut être endolori et de légères ecchymoses ou marques sous le brassard sont fréquentes. Prévenez la personne qui vous l'a posé si ça devient vraiment douloureux.

À part ça, vivez normalement. Une journée passée assis bien immobile pour « avoir de bons chiffres » ruine tout l'intérêt de l'examen.

Comment les résultats se lisent

La MAPA produit des moyennes sur différentes périodes, et chacune a son propre seuil — plus bas que les seuils de clinique auxquels vous êtes peut-être habitué, parce que la vie ordinaire comprend des moments de repos et parce que se faire mesurer par une personne fait monter la tension.

PériodeSeuil d'hypertensionMesure en clinique à peu près équivalente
Moyenne sur 24 heures130/80 mmHg ou plus140/90
Moyenne de jour (éveillé)135/85 mmHg ou plus140/90
Moyenne de nuit (endormi)120/70 mmHg ou plus140/90

Remarquez que le seuil de jour, 135/85, est le même que celui utilisé pour les moyennes de mesure à domicile : c'est pourquoi un protocole de 7 jours bien suivi à la maison est un substitut raisonnable quand la MAPA n'est pas disponible, sauf pour la nuit.

Le rapport indiquera aussi la proportion de mesures au-dessus du seuil, la dispersion au fil de la journée et le nombre de mesures ratées. Quelques échecs, c'est normal ; beaucoup, ça veut habituellement dire des mouvements du bras ou un brassard mal ajusté, et parfois qu'il faut refaire l'examen.

La baisse nocturne : la partie la plus importante

La tension artérielle baisse normalement pendant le sommeil, d'environ 10–20 % par rapport à la moyenne de jour. Cette baisse s'appelle le dipping, et la façon dont la vôtre se comporte est l'une des choses les plus révélatrices que la MAPA vous apprend.

  • Baisse normale (dipper) — une chute de 10–20 % durant la nuit. C'est ce qu'on veut.
  • Absence de baisse (non-dipper) — moins de 10 %. Associée à un risque cardiovasculaire plus élevé, et liée à l'apnée du sommeil, à la maladie rénale, au diabète et à une consommation élevée de sel.
  • Baisse inversée (reverse dipper) — la tension monte la nuit. C'est le profil qui comporte le risque le plus élevé des quatre, et il mérite d'être investigué.
  • Baisse extrême (extreme dipper) — une chute de plus de 20 %, qui apporte ses propres préoccupations.

Deux remarques pratiques. D'abord, une mauvaise nuit de sommeil dans un brassard inhabituel peut atténuer la baisse, ce qui est une des raisons pour lesquelles une MAPA s'interprète avec le reste du portrait plutôt que toute seule. Ensuite, si vous n'avez pas de baisse nocturne et que vous ronflez fort ou vous réveillez non reposé, parlez d'apnée du sommeil à votre médecin : le lien est fort et ça se traite.

Les mesures de nuit expliquent aussi tout l'intérêt porté aux objets connectés sans brassard : ce sont les seuls appareils grand public capables de prendre des mesures pendant la nuit sans vous réveiller.

Bien traverser la journée

  • Portez un haut ample à manches larges, et habillez-vous de façon à ce que le tube ressorte à l'encolure.
  • Quand le brassard se gonfle : arrêtez-vous, laissez le bras pendre droit et détendu, cessez de parler. Si vous conduisez, c'est le moment de vous ranger sur le côté dès que possible.
  • Remplissez le journal au fur et à mesure, pas de mémoire à la fin. L'heure du coucher, l'heure du lever et les heures de prise des médicaments sont les trois choses qui influencent le plus l'interprétation.
  • Dormez sur le dos ou sur le côté opposé au brassard si vous le pouvez : être couché sur le bras du brassard fait rater des mesures et vous réveille davantage.
  • Ne sautez pas vos médicaments habituels à moins qu'on vous l'ait expressément demandé, et notez précisément l'heure de la prise.
  • Gardez votre routine habituelle : travail normal, café normal, exercice normal. L'examen mesure votre vie, pas votre meilleure conduite.

Questions fréquentes

Est-ce que ça fait mal ?

C'est inconfortable plutôt que douloureux : une bonne pression toutes les 15 à 30 minutes, et un bras endolori en soirée. Des marques ou de légères ecchymoses sous le brassard sont fréquentes et s'estompent. Si ça devient vraiment douloureux, ou si votre main picote ou change de couleur, communiquez avec la personne qui vous l'a posé.

Puis-je l'enlever pour la douche ou le gym ?

Non, et c'est justement le principe : l'enlever supprime exactement les mesures qui donnent sa valeur à l'examen. Il ne doit pas être mouillé, alors prévoyez une toilette au lavabo. Demandez à l'avance quoi faire pour ce qui est incontournable, comme un cours de natation, et reportez l'examen plutôt que de l'interrompre.

Et si je dors mal et que les résultats semblent faussés ?

Dites-le, et notez-le dans votre journal. Une nuit perturbée, c'est fréquent, et votre médecin en tiendra compte. Si les données de la nuit sont trop pauvres pour être interprétées, l'examen peut être repris : ça vaut mieux que de prendre une mauvaise nuit pour un mauvais profil de baisse nocturne.

La mesure à domicile est-elle un substitut suffisant ?

Pour la question du jour, en grande partie oui : une moyenne maison sur 7 jours bien faite utilise le même seuil de 135/85 et c'est ce que beaucoup de recommandations acceptent quand la MAPA n'est pas disponible. Pour la nuit, non. La mesure à domicile ne peut pas vous dire si votre tension baisse la nuit, et c'est la pièce que seule la MAPA fournit.

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